Présentation de Sainte Marie Madeleine de Pazzi

 

 

En France, malgré une certaine renommée, sainte Marie Madeleine de Pazzi (1566-1607) est encore peu connue car les publications qui la concernent sont d’accès difficile. Elle jouissait d’une grande popularité au XVIIe siècle, grâce surtout aux Carmes de la Réforme de Touraine qui firent connaître sa vie et son message, et favorisèrent le développement de son culte. L’auteur français le plus considérable est sans doute le P. Léon de Saint Jean. On lui doit plusieurs ouvrages dont une biographie de sainte Marie Madeleine  de Pazzi qui connut un grand succès jusqu’à la sixième édition en 1669.

 

Mais le XVIIIe siècle, époque difficile pour les mystiques, annonçait des temps tragiques. La Révolution française allait chasser de France les Carmes qui affectionnaient la vie et le message de la sainte florentine. Malgré cela, on continua à s’y intéresser à travers des traductions. En 1837, paraissait la “Vie de sainte Marie-Madeleine de Pazzi” par son confesseur, le jésuite Cepari, qui connaîtra cinq éditions successives. En 1873, Dom Anselme Bruniaux, prieur de la Chartreuse de Valbonne, publiait à Paris les “Oeuvres de sainte Marie Madeleine de Pazzi”. Il s’agit d’une anthologie de textes de la sainte. Au XXe siècle, nous devons citer la biographie de Maurice Vaussard “Sainte Marie-Madeleine de’ Pazzi” qui connut trois éditions de 1921 à 1925, et, du même auteur, “Extases et lettres de Sainte Marie-Madeleine de’ Pazzi”, précieux mais bien modeste recueil d’écrits de la carmélite florentine.

 

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J’ai voulu rendre accessible la pensée et la vie de sainte Marie Madeleine de Pazzi, l’une des plus grandes mystiques de l’Eglise catholique. C’est un geste de gratitude envers la sainte dont l’ouvrage « I Quaranta giorni » a été mon compagnon dans un passage délicat de ma vie. J’ai puisé dans cet écrit des lumières, des raisons d’espérer, qui m’ont aidé à résister à l’abattement et au découragement. L’ouverture à la contemplation de l’amour de Dieu et à la participation aux souffrances du Christ ont rempli d’un sens nouveau cette épreuve. Depuis lors, je n’ai plus quitté Marie Madeleine de Pazzi, et elle ne m’a plus quitté. De cette expérience est né le désir de la faire connaître et aimer, de partager avec d’autres personnes la joie de cette amitié et de cette rencontre.

 

Je me suis donc engagé dans la traduction des œuvres de la sainte, en commençant par « Les Quarante Jours ». Ce fut un travail long mais aussi une expérience d’amitié spirituelle avec les personnes qui m’ont aidé, soit pour améliorer mon français, soit pour bien saisir et donc bien exprimer certains passages difficiles du texte italien. La recherche de l’éditeur s’avéra pénible. Après plusieurs réponses négatives, j’ai trouvé un éditeur qui accepta de le publier : Jérôme Millon de Grenoble. Je lui serai toujours redevable de m’avoir fait confiance et d’avoir permis la réalisation de ce rêve. Je suis très reconnaissant à Marie-Claude Carrara pour l’excellente qualité de son travail d’édition.

 

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En 2002, parut Les Quarante Jours, suivi en 2004 par Les Huit jours de l’Esprit Saint et en 2007, par Cinq ans dans la fosse aux lions.

 

En 2003, les Editions de l’Abbaye de Bellefontaine publiaient, dans la collection Flèche de feu, Les trois extases de la passion de Jésus, avec une importante introduction sur la dimension spirituelle de la passion du Seigneur dans le Carmel et en Marie Madeleine.

 

La revue Mélanges carmélitains a publié deux articles dédiés à la sainte : La prière au Carmel : sainte Marie Madeleine de’ Pazzi (1566-1607), dans le numéro 1 (2003), et Marie-Madeleine de Pazzi et Thérèse de l’Enfant-Jésus, Sœurs dans l’Esprit, dans le numéro 3 (2005).

 

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2007 a été une année très importante pour les études sur sainte Marie Madeleine de Pazzi. J’ai eu la grâce de vivre à Florence les moments forts de cet anniversaire, dont certains ont été très émouvants, comme la procession avec l’urne contenant le corps intact de la sainte, du séminaire diocésain, ancien monastère de la sainte, à la magnifique cathédrale sainte Marie del Fiore. Je préparais depuis plusieurs années un guide pour les pèlerins sur les lieux de la vie de la sainte. Il parut quelques jours avant les grandes célébrations florentines. Le livre que j’ai publié en italien Pietre e fuoco, est un guide historique, artistique et spirituel des lieux de vie de la sainte, un livre qui s’élaborait dans ma tête depuis 2003 ; j’en ai parlé avec Alexandra, l’amie américaine dont il est question dans le Prologue de la Sainte flamme. Elle m’a toujours soutenu et encouragé dans ce travail ; je lui en suis très reconnaissant.

 

En 2008 est enfin paru, La sainte flamme, la suite logique du livre italien « Pietre e fuoco », la biographie de la sainte qui manquait en langue française. C’est une vie accessible, suffisamment complète et riche de textes spirituels de la sainte dont quelques uns sont inédits.