Bienheureuse Françoise d'Amboise

{mosimages}

Elle naquit en 1427 probablement à Thouars. A quinze ans, Françoise épousa Pierre II, duc de Bretagne. En 1463, après la mort de son mari, elle fonda avec Frère Jean Soreth le premier monastère des carmélites en France, au Bondon (Vannes) en 1468, et y recevra l’habit du Carmel des mains de Frère Jean Soreth ; elle rejoignit ensuite le monastère de Nantes, qu’elle avait également fondé. Françoise fut une Prieure au caractère marqué, ayant un esprit maternel à l’égard de ses sœurs et une grande pédagogie spirituelle. Elle écrivit les Premières Constitutions des Carmélites en France et des Exhortations spirituelles. Elle introduisit la communion fréquente dans les monastères ; elle imposa également un quatrième vœu : la stricte clôture. Elle mourut le 4 novembre 1485 dans le couvent de Notre Dame des Couêts (Nantes). Sa devise était : « Sur toute chose faites que Dieu soit le mieux aimé ! » En 1864, Pie IX approuva favorablement son culte liturgique immémorial comme « la récompense accordée par Dieu aux Bretons, pour leur dévouement au Saint-Siège et à l’Eglise Catholique ».

Exhortations sur le silence

IV. « Donnez-vous garde du silence qui est si nécessaire pour bien profiter et son salut acquérir. Il y a du temps assez pour parler. Jamais personne ne s’est repenti de se taire, mais bien de trop parler, notre Règle nous déclare les biens et les maux qui en proviennent : en silence la justice est cultivée, augmentée et gardée .Et beaucoup parler : on se met en danger de pécher et quelque fois en parlant trop, l’on parle mal et l’on déplaît à quelques personnes. Il vaut mieux se taire que trop parler. Jamais vous ne voyez personne bien religieuse abonder en grands discours vains et clameurs. (…) Vous voyez que le saint avènement de Notre Seigneur approche, prenez peine de vous élever et recueillir en vous-même en reconnaissance de ses bienfaits et grâces, délaissant toutes choses de ce monde et les laissant passer et couler comme si elles ne se fissent point et vous approcher de celui de qui tout bien nous vient et qui vous peut réjouir et consoler en vous unissant à lui par dévotion et amour ».

X. « Prenez le temps qui vous est donné pour prier Dieu et le surplus au labeur, ou faire l’obédience et vous demeurerez plus joyeuse et en paix de conscience. Quelqu’une est si enquérante des nouvelles de la maison à qui cela ne sied point. Chacune a à s’occuper et pense à soi-même et à se connaître , à penser à Dieu et tenir silence et bien employer le temps. Ne pensez pas au monde. Laissez-le avec ses honneurs et ses vanités qui bientôt se passeront. Pensez seulement à plaire à Dieu et sauver vos âmes et ne vous inquiétez point des choses auxquelles vous ne pouvez remédier. Il faut se tenir sur ses gardes. Qu’avons-nous à faire, sinon de tendre à Dieu et à garder notre Règle et nos statuts (Vital WILDERINCK, O.Carm., Exhortations…)