Bienheureux Jean Soreth

{mosimages}

Frère Jean Soreth naquit près de Caen en 1394. Il obtint en 1438 le titre de Maître en Théologie près de l’Université de Paris. Par la suite, il fut maître des étudiants carmes de la place Maubert et provincial. De 1451 jusqu’à sa mort, il exerça le rôle de Prieur Général de l’Ordre. Jean Soreth a entrepris un inlassable travail de Réforme du Carmel en Europe Occidentale. Il a écrit un Commentaire sur la Règle du Carmel (« Exposition paraenetica ») et il a révisé les Constitutions de 1462. Connu aussi comme l’organisateur de la branche féminine du Carmel, il a favorisé la transformation de quelques béguinages des Pays-Bas en monastères de Carmélites. Avec Françoise d’Amboise, Frère Jean Soreth fonda les premières Carmélites en France. Il créa également le Tiers Ordre carmélitain. Il mourut le 25 juillet 21471 à Angers. Pie IX l’a béatifié en 1866 et on le célèbre le 24 juillet

La Cellule Mystique

« (…) Ce mot celle vient du verbe celer (cacher) parcqu’une cellule cache celui qui l’habite. Une cellule, dit Saint Bernard à ce sujet, ne doit jamais être un lieu où l’on s’enferme par nécessité, mais elle doit être la demeure de la paix. Il y a un grand rapport entre celle et habitation céleste ; de même, en effet, qu’il y a comme un lien de parenté entre celle et ciel, pour les mots, il y en a aussi pour la piété. (…) S’occuper de Dieu, qu’est-ce autre chose que jouir de Dieu. De la celle au ciel, il n’y a pas une route longue ni difficile pour l’âme qui fait oraison ou qui sort de son corps par l’extase (…)

La celle, en effet, entretient le fils de la grâce, le fruit de ses entrailles ; elle nourrit, el l’embrasse, elle le conduit à la plénitude de la perfection et le rend digne de converser avec Dieu. La celle est une terre sainte, un lieu saint dans lequel le Seigneur et son serviteur s’entretient en secret, comme quelqu’un s’entretient avec son ami. Souvent l’âme fidèle s’y unit avec le vrai Dieu, comme l’épouse avec son époux (…). Pour habiter votre cellule en toute sécurité, vous avez trois gardiens, Dieu, votre conscience et votre Père spirituel. Vous devez la piété à Dieu auquel vous vous êtes consacré tout entier, vous devez honneur à votre conscience devant laquelle il vous faut rougir de pécher, vous devez obéissance de la charité à votre Père spirituel, auquel il vous faut recourir en toutes choses. Pour mener la vie solitaire, que chacun ait donc une cellule séparée (…). Qu’il y a une cellule extérieure et une cellule intérieure ; une cellule extérieure, c’est à dire la demeure où votre âme demeure avec votre corps, une cellule intérieure dans votre conscience dans laquelle le Dieu de tout votre être intime, doit demeurer avec votre esprit (…). Aimez donc votre cellule intérieure, aimez aussi votre cellule extérieure et cultivez chacune d’elles » (JEAN SORETH, Vie du Bienheureux Jean Soreth – Expositions ou Exhortations sur la Règle (…) Paris, Malmaisons, 1901, pp. 113-117)