Saint Cyrille de Constantinople

Dans l’église des carmes de Florence, se trouve une fresque du XIVe siècle qui représente un carme âgé avec une barbe grisonnante et un livre ouvert dans les mains. Il s’agit de Cyrille de Constantinople. Une autre représentation semblable se trouve sur un tableau du XVIIIe siècle, au couvent des carmes à Straubing.
Malgré ces représentations, nous avons très peu de sources sur la vie de ce saint. La majorité des informations que nous avons tient plus de la légende et est difficilement vérifiable.
Cyrille est probablement un grand savant d’origine grecque. À la demande de la Vierge Marie, il se serait rendu au Mont-Carmel pour mener une vie d’ermite. On relate aussi que, pendant la messe, il aurait eu une vision selon laquelle un ange lui aurait donné, sur deux tablettes, une prophétie en grec concernant l’avenir de l’Ordre: les carmes étaient appelés à connaître une grande floraison et à se répandre largement. Cyrille aurait traduit en latin cette prophétie connue sous le nom de « oraculum angelicum » pour la communiquer à Joachim de Fiore (+1202). Jean de Rupescissa (1350) et Telesphorus Cosenza (1386) ont commenté cette prophétie qui avait une grande importance à l’époque. Une lettre de Cyrille, adressée à Eusèbe, prieur de Monte Negri près d’Antioche, fut propagée et vint à la connaissance de Philippe Ribot, provincial des carmes de la province de Catalogne et auteur de « L ’Institution des premiers moines ».
Selon la biographie de Giovanni Grossi (vers 1400), Cyrille devint prieur général de l’ordre des carmes. On peut trouver d’autres informations dans le Viridarium et dans le Catalogus sanctorum, livres anciens relatant la vie des saints. Selon ces sources, Cyrille serait né à Constantinople et aurait été envoyé au pape de l’époque par l’empereur Manuel Comnene pour travailler à l’unification des Églises. On lui attribue aussi la conversion d’un sultan (représentation dans la Basilique San Martino ai Monti à Rome).
G. Bale (+1563) relate que Cyrille est originaire de Megare et qu’il a reçu une formation scientifique à Constantinople. Il est mort en 1234.
Selon les bréviaires des XVe et XVIe siècles, Cyrille aurait obtenu au concile d’Éphèse la confirmation que les carmes pouvaient désormais s’appeler « frères de la bienheureuse Vierge Marie du Mont-Carmel ». Il s’agit certainement d’une confusion avec Cyrille d’Alexandrie (+444) qui, dans la liturgie carmélitaine, a été considéré comme membre de l’Ordre. Jusqu’à la réforme liturgique, la fête de saint Cyrille a été fixée au 6 mars.


Klaus SCHENKELBERGER, O. Carm.