Marie, patronne du Carmel

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Depuis les origines de l’Ordre, les Carmes ont toujours repensé leurs liens avec Marie ; d’ailleurs, les titres mariaux en témoignent. Elle fut d’abord Patronne. La consécration de l’Ordre à la Vierge découle du choix qui avait été fait de lui consacrer la première église au Mont Carmel : « Au-delà de cette abbaye de Sainte Marguerite, sur un versant de cette même montagne, dans un site beau et gracieux, habitent des ermites latins que l’on appelle Frères du Carmel, ils ont bâti là une bien belle petite église à Notre Dame. » Dans la mentalité du Moyen Age, le choix du titre d’une église impliquait une orientation spirituelle : les Carmes s’étaient mis totalement sous l’obéissance de Marie ; en vertu de ce choix, les ermites la considéraient comme leur Patronne. En outre, le Carmel a été fondé librement en son honneur, des églises et des couvents lui ont été dédiés, notamment après l’exode des Carmes vers l’Occident. Les Carmes étaient donc convaincus d’avoir des rapports tout particuliers avec Marie, leur Patronne, sous le titre de « Sainte Marie du Mont Carmel ». La dévotion à Marie apparaît dans les documents de l’Ordre attachée aux mystères de la Maternité divine et de la virginité de Marie. Le but des ermites près de la fontaine d’Elie était de « vivre dans l’obéissance au Christ », selon la Règle. Aucune créature ne pouvait égaler Marie, la Mère du Christ : donc, en servant Marie, ces ermites servaient le Christ. Et lorsque les Carmes durent quitter Israël, la figure de Marie leur permit de maintenir vivants ces liens étroits instaurés avec Lui au Carmel. Les Carmes sont au service de Marie de plusieurs manières : par la consécration de leurs églises, dans la méditation de la Parole, lors de leur profession, dans la liturgie. Cela les aide à se tourner fréquemment vers Marie par la pensée et le cœur.

 

Mère et soeur

Peu à peu, la figure de Marie, tout en restant la ‘Patronne’, commence à être considérée comme Mère et Sœur. Marie est la Mère et Beauté du Carmel (‘Mater et Decor Carmeli’). La ‘Mère’ n’élimina pas la ‘Patronne’, ni le mot, ni encore moins le concept. C’est un chœur de voix concordantes jusqu’à Bostius qui repensa la dévotion mariale dans le Carmel sous le signe de la protection de Marie, à laquelle doit correspondre la réponse des Carmes à l’égard de cette Mère très aimable, réponse faite d’amour et d’imitation. Plus tard, lors de la réforme de Touraine, les Carmes enseignèrent la doctrine de Bostius, insistant notamment que tout dans le Carmel appartient à Marie. Michel de Saint Augustin, Marie Petyt et d’autres portèrent à des hauteurs mystiques la doctrine de l’union à Dieu par Marie. En l’honneur de leur Patronne, Mère et Sœur, les Carmes célébraient de façon particulière les fêtes de l’Annonciation, celle de l’Immaculée et, à partir du XIVe siècle, la Commémoration Solennelle du 16 juillet en action de grâces pour l’approbation pontificale de l’Ordre et de son titre marial. Cette fête deviendra, au XVIe siècle, la fête du don du Scapulaire. Cette solennité demeurera, par la suite, jusqu’à nos jours, comme la somme de tous les bienfaits de Marie envers l’Ordre du Carmel.